Au retour des beaux jours,
dans ce vert floréal
Où meurent les Danton
trahis par les Réal,
Quand l’étable s’agite
au fond des métairies,
Quand l’eau vive au soleil
se change en pierreries,
Quand la grisette assise,
une aiguille à la main,
Soupire, et,
de côté regardant le chemin,
Voudrait aller cueillir des fleurs
au lieu de coudre,
Quand les nids font l’amour,
quand le pommier se poudre
Pour le printemps
ainsi qu’un marquis pour le bal,
(...) Moi, je crie :
ô soleil ! salut ! parmi les fleurs
J’entends les gais pinsons
et les merles siffleurs ;
L’arbre chante ; j’accours ;
ô printemps ! on vit double
Gallus entraîne au bois
Lycoris qui se trouble ;
Tout rayonne ; et le ciel,
couvant l’homme enchanté,
N’est plus qu’un grand regard
plein de sérénité !
Alors l’herbe m’invite
et le pré me convie ;
Alors j’absous le sort,
je pardonne à la vie,
Et je dis :
Pourquoi faire autre chose qu’aimer ?
Victor Hugo
Extrait Les Floréales
Les châtiments